Changer de wagon. Faire semblant d’appeler quelqu’un. Éviter une station tard le soir. Envoyer sa localisation à un proche. Pour beaucoup de femmes, ces gestes sont devenus ordinaires. Pourtant, se déplacer librement ne devrait jamais nécessiter une stratégie permanente.
Des chiffres qui montrent l’ampleur du problème
Le 30 mars 2026, le Gouvernement a réuni les acteurs du secteur des transports pour renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports en commun.
Selon les chiffres communiqués à cette occasion, 3 400 victimes de violences sexuelles ont été recensées dans les transports en 2024 et 91 % d’entre elles étaient des femmes. En Île-de-France, 7 femmes sur 10 déclarent avoir déjà été victimes de violences sexistes ou sexuelles dans les transports en commun.
Ces données ne racontent pas seulement des faits enregistrés. Elles racontent aussi une liberté de mouvement qui peut se réduire : trajet modifié, sortie écourtée, vigilance constante ou peur d’être suivie.
Quand la vigilance devient une charge mentale
Préparer son retour, regarder qui descend au même arrêt, vérifier derrière soi ou appeler un proche peut donner un sentiment de contrôle. Mais ces stratégies ont un coût : elles obligent les personnes exposées à anticiper en permanence un danger dont elles ne sont pas responsables.
La prévention doit donc éviter un piège : transformer une information utile en injonction. Dire « soyez vigilante » ne suffit pas. Il faut également agir sur les comportements des auteurs, former les professionnels, rendre le signalement accessible et donner aux témoins des moyens d’intervenir.
Que faire si l’on pense être suivi ?
L’objectif prioritaire est de créer de la distance et de rejoindre un environnement où d’autres personnes peuvent aider. Plutôt que de rentrer directement chez soi, il peut être utile de se diriger vers un lieu fréquenté, un commerce ouvert, un agent ou un groupe de personnes.
Si la situation devient menaçante, demander explicitement de l’aide peut être plus efficace qu’un appel général : désigner une personne, expliquer brièvement ce qui se passe et demander une action précise. En cas de danger immédiat, les services d’urgence restent la priorité.
Il n’existe toutefois pas de « réaction parfaite ». Une personne confrontée à une situation de peur peut fuir, se figer, parler, ne pas réussir à parler ou changer plusieurs fois de stratégie. La responsabilité reste toujours celle de l’auteur du comportement violent ou menaçant.
La sécurité dans les transports est une responsabilité collective
Les opérateurs, les pouvoirs publics et les usagers ont tous un rôle. Un témoin peut se rapprocher, créer une diversion, alerter un professionnel ou rester avec la personne après la situation. Un agent formé peut faciliter le signalement. Une politique publique peut améliorer l’éclairage, la présence humaine, les dispositifs d’alerte et le traitement des faits.
Chez My Self Key, nous défendons cette vision de la prévention : donner des outils concrets sans demander aux femmes de restreindre leur liberté.